MITTERRAND 1996-2016

MITTERRAND 1996-2016

 

Il y a vingt ans et un jour, le 8 janvier 1996, François Mitterrand nous quittait. Le chat de Château-Chinon, artisan et maître de son destin, avait, d’une certaine façon, choisi de mettre fin à son agonie. Loin du Mont Beuvray où il avait rêvé construire son tombeau, l’éternité qu’il attendait, enfin, s’ouvrait à lui. Au petit matin, Pierre Joxe, pour qui il ne pouvait y avoir de secret, en l’annonçant à Laurent Fabius, me l’apprit aussi. Jarnac, Chardonne, l’entre-deux-guerres, la Charente, celui qui reposait dans la chambre sans apprêt de l’avenue Frédéric Le Play n’était en rien mon père. Comme des millions de Français, j’ai pleuré sa disparition, orphelin d’un symbole, orphelin d’un  espoir. Il faut aujourd’hui rendre hommage à cet homme exceptionnel, l’hommage de la mémoire, de la reconnaissance et de la fidélité. Mais pas seulement… Par-delà le temps passé, au-dessus des clivages, celui qui fut, à partir du Congrès d’Epinay, pendant neuf ans le premier secrétaire du Parti Socialiste avant d’être pour deux mandats de sept ans le président de la République, le président de tous les Français, le chef de l’Etat, nous laisse un exemple, une leçon et un message.

L’exemple, c’est celui de la dignité. François Mitterrand ne s’en est pas départi un instant quatorze ans durant. Dignité, majesté diront ces critiques et ils ne manquaient pas, face aux obligations de sa charge et aux épreuves du pouvoir. Faut-il le regretter ? Certainement pas et pour une simple raison. On pouvait bien l’attaquer. On en avait rarement honte. En tenant son rang, dans le monde et à l’Elysée, il tenait le nôtre. Pour avoir une certaine idée de la France, il avait choisi d’avoir une certaine idée de lui-même. Ce n’était pas sans grandeur, ni sans vérité. Dignité, courage pensait ses amis et ils restent nombreux, tout au long du « combat honorable » qu’il a mené contre la maladie en osant, lui qui aimait tant la vie, regarder la mort en face. Qui peut, avant l’heure, revendiquer d’avoir ce cran ? Trois fois, à l’Elysée, à Liévin, à Solferino, avec d’autres, je l’ai vu tomber, s’effondrer, inerte, livide, cadavérique et, trois fois, je l’ai vu, de mes yeux vu, se relever comme ressuscité par un miracle qui n’était pas « uniquement » celui de la médecine. Son souffle, son instinct, sa survie, tout chez lui était politique. Une tribune, un micro, un discours et Lazare revenait parmi nous. Le verbe le refaisait chair.

La leçon, c’est celle de la ténacité. Combien de fois, au cours d’un long parcours politique, François Mitterrand, brocardé, raillé, vilipendé, calomnié, n’a-t-il pas été donné pour coulé, pour perdu, pour fini sans jamais cesser d’être égal à lui-même dans l’épreuve et le succès, dans la victoire et dans la défaite ? Il fut bassement insulté, injurié, humilié. Pour autant, les reproches qui lui étaient adressés n’étaient pas tous infondés. L’abeille n’avait pas toujours été architecte. Dans sa jeunesse française, sous l’occupation allemande et, encore, par des amitiés inconsidérées, il commit probablement de terribles fautes. Certaines, hors de leur époque, ne sont pas explicables. C’est dire qu’elles pouvaient l’être sur le moment. Quelques unes, demain comme hier, sont inacceptables. Elles resteront condamnables. Il était complexe. Ce n’est pas une excuse. Il était ambigu. Ce n’est pas une qualité. Il revendiquait ce clair-obscur. Etait-ce un art ? Etait-ce un jeu ? Il poussait, devant lui, comme chacun d’entre nous, mais à son échelle, évidemment plus grande, plus massive, un « misérable petit tas de secrets ». Il s’en défendait. Mais il le savait. Il avait des faiblesses. Mais il avait du génie. Il tenait dans sa main ce qu’il appelait « le talisman de la chance ». Il sût faire face à tous ses adversaires, surmonter tous les obstacles, remporter tous les défis. La France Unie ! Après deux tentatives vaines, en étant élu le 10 mai 1981, il a vaincu le sortilège, brisé l’implacable fatalité qui depuis un quart de siècle fermait à la gauche les portes du pouvoir. Là encore, il commit des erreurs. La tâche était rude. Les temps étaient durs. Une élection ne rend pas infaillible. Faisons la part de la paille et du grain. Devant l’Histoire, décentralisation, abolition de la peine de mort, libération des ondes, démocratie dans l’entreprise, construction européenne, son œuvre demeurera.

Le message, c’est celui de l’espérance. D’où il est, où qu’il soit, François Mitterrand nous rappelle, après l’avoir démontré, qu’il ne faut jamais désespérer. Je continue de croire en les forces de son esprit. Il suscitait l’aigreur, la jalousie, l’envie. Trop intelligent. Trop cultivé. Trop subtil. Ses ennemis disaient « florentin ». Depuis longtemps il avait transformé le sarcasme en compliment. Refusant de voir la haine que lui portaient ceux qui, dans un raccourci méprisant, l’appelaient Mitt-rand, il s’aveuglait, il se rassurait. Il avait une nature qui n’était pas aisé à saisir et à apprécier. Voilà tout. « Après avoir été le plus impopulaire des Français, disait-il, pourquoi n’en serais-je pas le mieux aimé ? ». Les années écoulées vont lui rendre justice. Aujourd’hui, avec le temps qui passe, cent ans après sa naissance, au-delà des tempêtes, du tumulte, des passions, un sondage nous apprend que deux tiers de nos compatriotes gardent un bon souvenir des années Mitterrand. Quel homme politique, quel homme d’Etat, quel homme tout court ne se satisferait d’un tel résultat ? Le modeste hommage que nous lui devons entre en résonance avec ce tribut posthume que rend le peuple français à un homme qui aura finalement incarné dans la légende des siècles, après quelques autres et pendant un long moment de notre histoire, la France, cette Nation qu’un des prédécesseurs de François Mitterrand, sans doute le plus illustre, appelait « son cher et vieux pays ».

Marc-Antoine JAMET

Premier secrétaire fédéral 

Communiqué de presse de Marc-Antoine Jamet, Premier secrétaire fédéral, Tête de liste départementale aux élections régionales avec Nicolas Mayer-Rossignol : « Hervé Morin déraille…! »

Communiqué de presse de MARC-ANTOINE JAMET,

Premier secrétaire du Parti Socialiste de l’Eure,

Tête de liste départementale aux élections régionales

avec Nicolas MAYER-ROSSIGNOL

« Hervé Morin déraille… ! »

 

Incompétence ou maladresse, impudence ou légèreté, le candidat de la droite faussement unie vient de considérablement dérailler. On le constate à la lecture du florilège d’inexactitudes et de mensonges auquel il s’est livré, ce matin, alors qu’il tentait de s’initier, initiation accomplie à un âge il est vrai déjà avancé, à la distribution de tracts devant la gare de Gisors. Cette difficulté à aborder la vérité ne l’avait toujours pas quitté alors qu’il se perfectionnait dans cette occupation, pour lui nouvelle, dans la soirée à Vernon. Dans un cas comme dans l’autre, les voyageurs, ébahis, ont découvert un homme rarement, pour ne pas dire jamais, croisé sur les quais, encore plus inconnu dans les trains. C’était « la » journée sur le terrain d’Hervé Morin. Avant la prochaine en 2020.

 

Dans une grande confusion, l’ancien ministre de la défense, que la seconde ville de l’Eure connaît bien puisqu’il y a supprimé les 1500 emplois du LRBA, a semblé ignorer que la SNCF, loin d’être la compagnie normande qu’il imagine pilotée par le président de la Région, reste une entreprise créée en 1936 par le Front Populaire et dirigée par Guillaume Pépy. Dessertes (qui sont souvent davantage l’affaire des maires), horaires et cadencements, bien qu’ils ne soient évidemment pas de la compétence de la collectivité régionale, ont donc été laborieusement dénoncés. Position étrange de la part de celui qui, pourtant, soutenait, il y a peu encore que, sans y investir un seul euro de l’Etat, le projet de TGV Sarkozy, depuis Paris, devait traverser les campagnes euroises, pour ne s’arrêter qu’au Havre oubliant Rouen et Vernon. Pensant, sans doute, que le centre logistique de la SNCF est sur les plages du débarquement, le député UDI n’a pas hésité, filant audacieusement la métaphore historique à appeler en toute simplicité à un grand plan Marshall pour le train. L’exercice de gesticulation ne s’est pas arrêté là. Des bars (à champagne très certainement, ce qui est pratique aux heures de pointe), alors que ce que souhaite les Eurois c’est de pouvoir s’asseoir, et des connections WiFi, pour la plupart déjà existantes dans les télécentres ou sur l’ « espace Normandie » qui accueille les entrepreneurs eurois à Saint-Lazare, ont également été généreusement promises par le Maire d’Epaignes qui s’est engagé (lui même ?) à faire le ménage dans les voitures. Quand la politique virtuelle fait des ravages…

 

Maniant la parole politicienne à l’ancienne, l’heureux rival de Françoise Guégot a assuré qu’il mettrait Caen à une heure de Rouen par une navette dont la SNCF annonce d’ores et déjà que, si elle roulait à la vitesse indiquée par l’ex porte-parole de François Bayrou, elle conduirait les passagers au cimetière plus sûrement qu’à destination, notamment là où les installations font défaut. D’après des témoins médusés, la ligne Paris-Gisors, qui dépend de l’Ile de France et de la Picardie, a été dans un même souffle attribuée à la Haute-Normandie, de même que le tracé Paris Granville fut allègrement situé en Haute plutôt qu’en Basse Normandie, le tout sans que l’on sache si le plus chanceux des éleveurs de chevaux de la Risle ignorait sa géographie, ses dossiers ou tout simplement le territoire qu’il prétend gérer. Ce que c’est d’avoir un chauffeur…

 

Le fondateur et fossoyeur du Nouveau Centre a évidemment passé sous silence les interventions menées par Nicolas Mayer-Rossignol avec son homologue bas-normand auprès de Guillaume Pepy, pour exiger des améliorations rapides à la situation ferroviaire normande : mise en place d’un suivi particulier sur les trains aux heures de pointe ; renforts humains supplémentaires pour la préparation des rames ; mise en place d’une démarche dite de co-design/conception entre les associations d’usagers et la SNCF pour améliorer la qualité du service, lancement d’un audit de maintenance… Alors que cela ne relève aucunement des se attributions, la collectivité s’est en effet engagée à financer le Technicentre de Clichy (817 000€), où une deuxième voie équipée de matériels spécifiques a été mise en service pour réaliser les opérations de maintenance plus efficacement, et à investir sur le site du Technicentre Normandie de Sotteville-lès-Rouen (392 000€) avec des emplois locaux à la clé, afin d’améliorer le dispositif d’entretien des matériels, mais également la vidange des toilettes.

 

La Région a également investi 80 millions d’euros pour l’achat de 60 Régiolis, TER (Trains Express Régionaux) nouvelle génération, moins polluants, plus confortables et plus performants d’une capacité par wagon de 218 places – dont 26 dédiées aux personnes à mobilité réduite. L’arrivée progressive de ces nouvelles rames – la première est en circulation depuis septembre dernier sur la ligne Rouen-Dieppe – est une bonne nouvelle pour tous les usagers. Elle a été passée sous silence…

 

Or, cet investissement s’ajoute aux 400 millions d’euros engagés ces dernières années pour l’achat et la rénovation des rames régionales, dont la fréquentation a augmenté de près de 45% en 5 ans. Certes, si les TER normands, gérés par la Région, sont parmi les plus performants de France – juste derrière l’Alsace en tête –  grâce aux investissements régionaux, la qualité du service ferroviaire sur les liaisons Intercités (liaisons vers Paris) relevant des compétences de l’Etat, et non de la Région, n’est toujours pas à la hauteur lors des heures de pointe faute d’investissements suffisants de SNCF Réseau (anciennement Réseau Ferré de France) sur les infrastructures depuis de trop nombreuses années.

 

Parce que les transports du quotidien sont une priorité absolue pour la Région, elle mène une politique volontariste et ambitieuse, agissant bien au-delà de ses prérogatives, pour offrir aux Normands un service de qualité : modernisation des gares, dont Gaillon, Blangy-sur-Bresle, Auffray, Vernon, rebaptisée Vernon-Giverny, Bernay et Val-de-Reuil et haltes ferroviaires de Normandie, création de pôles d’échanges multimodaux aux abords des gares, rénovation des lignes Serqueux-Gisors, Fécamp-Bréauté et Abancourt-Le Tréport, mise en place d’un système de billettique unique plus simple et moins cher, Atoumod, pour faciliter l’usage des transports en commun sur le territoire, Ligne Nouvelle Paris Normandie…

 

Il est clair cependant que la situation reste en-deçà des attentes légitimes des usagers, dont le Président de la Région, lui, fait partie, en raison des accidents, notamment de personnes, et des mouvements sociaux qui ont pu perturber en 2015 le travail engagé pour retrouver un niveau de service performant.

 

C’est pourquoi la Région, qui rencontre régulièrement toutes les associations d’usagers, reste mobilisée et vigilante pour obtenir de la SNCF des trains plus rapides, plus réguliers, plus fiables et plus nombreux sur les lignes qui relèvent de sa responsabilité. L’importance du sujet mérite mieux que de promettre n’importe quoi à l’approche des échéances électorales ! Il ne faut pas mentir aux citoyens mais plutôt expliquer les choses avec honnêteté, et agir avec les leviers dont nous disposons pour les améliorer. C’est le sens de notre action derrière Nicolas Mayer-Rossignol.